Voyage au Japon : Kyoto et ses innombrables temples

Certainement la ville japonaise au patrimoine historique le plus lourd, Kyoto abrite pas moins de 1600 temples et quelques 400 sanctuaires, rajoutez à cela leurs jardins et vous voilà propulsé plusieurs siècles en arrière. Ce large choix de visites oblige un tri sélectif drastique aux touristes de passage. Dans la pléthore de lieux incontournables, voici ceux que j’ai choisis.


Quatre jours, le temps que j’ai passé dans cette ville paisible où les traditions tutoient la modernité comme jamais. Autant vous dire que le programme était une fois de plus très chargé. Outre le centre ville semblable à n’importe quel autre arborant des grands magasins ainsi que le très sympa marché Nishiki, les centres d’intérêt sont éparpillés à travers Kyoto. Et pour cela, le vélo reste le meilleur moyen de se déplacer (Emusica situé à l’entrée de Ponto-chô propose des tarifs de location très corrects). Dans un souci de clarté et de synthèse, je préfère vous donner mon ressenti de ce que j’ai visité à Kyoto, le tout accompagné de photos.

Arpenter le quartier de Higashiyama

Littéralement la « montagne de l’Est », Higashiyama se revêt d’une atmosphère Miyazaki-enne au crépuscule avec une vue imprenable sur Kyoto. Je ne peux que vous conseiller de le visiter en fin d’après-midi tant la tombée de la nuit lui confère une aura particulière. Attention toutefois aux horaires de fermeture des sites tel que l’imposant Kyomizu-Dera surplombant le quartier, que je n’ai malheureusement pas pu visiter. Ceci dit, il y a tant à voir que mon regret fut de courte durée. En effet, la visite nocturne du Kodai-ji fait partie de mes plus beaux souvenirs, surtout avec le petit spectacle de projection de lumières sur le jardin zen du temple. Une fois entré dans l’enceinte, j’ai littéralement voyagé de plusieurs siècles en arrière. Tout était majestueux ! Vivre dans un temple comme celui-ci devait être quelque chose!

Le jardin zen du Kodai-ji éclairé.

Je vous invite à vous perdre dans les petites ruelles traditionnelles de Higashiyama avant de le redescendre vers le centre ville. Pour ma part, je me suis dirigé vers le parc Maruyama pour observer le Yasaka-jinga. Un sanctuaire shinto qui, la nuit, fait briller sa splendeur à travers des dizaines de lanternes. Le parc, quant à lui, est prisé par les kyotoïtes en avril pour ses cerisiers en fleur. Le temps de prendre quelques photos de nuit et de déambuler à travers le sanctuaire et la visite est terminée.

Lanternes flottantes du sanctuaire Yasaka-jinga.

Dans la partie nord de Higashiyama se trouve le pavillon d’argent Ginkaku-ji que je n’ai pas visité par choix et qui n’a d’argent que son nom (il n’a jamais été recouvert de feuilles d’argent). Au pas de son entrée commence la Tetsugaku-no-Michi, la promenade philosophique. Concrètement, c’est un sentier longeant un petit canal à l’ombre des cerisiers. Son nom vient du fait qu’un philosophe japonais parcourait les deux kilomètres quotidiennement en quête d’inspiration. Une promenade très agréable en somme et au milieu de laquelle se trouve le Honen-in, un petit temple bouddhiste moins connu mais qui mérite le détour. Le moine responsable du temple a décidé de mettre en avant l’art contemporain au sein du temple. Lors de ma visite, un concert et une exposition de bougeoirs contemporains se tenaient. Certainement décalés, ces événements sont fréquents à Honen-in et n’enlèvent rien au caractère bouddhiste du temple. Jardin zen de sable blanc, étang rempli de carpes, petit jardin de mousse, tout y est. Intimiste, simple et majestueux à la fois, et, de surcroît, gratuit. Alors aucune raison de passer à côté !

L’entrée du temple Honen-in.

Un peu plus loin se trouve l’incontournable temple Nanzen-ji (photo en une). Considéré comme l’un des plus grands temples zen au monde, rien que ça! Le temple est magnifique, sa « porte » gigantesque dont l’accès à l’étage est payant en impose et ses jardins traditionnels sont magiques. La présence d’un aqueduc encore en activité rend le tout vraiment authentique. Pour l’anecdote, si vous connaissez l’anime Uchouten Kazoku (La Famille Excentrique) qui se passe à Kyoto, il vous sera possible de réaliser un rallye à l’aide d’une carte à tamponner. Chaque lieu présent dans le manga est associé à un tampon qui prouvera votre venue. Ignorant l’existence de ce manga, j’ai tamponné mon Lonely Planet avec un joli Tanuki.

Un bout des jardins zens du Nanzen-ji.

Enfin, dans la partie la plus au sud se trouvent le Tofuku-ji et le Fushimi-Inari-Taisha. Le premier, un temple bouddhique proche du Kodai-ji, était malheureusement fermé à mon arrivée. Il compte parmi les plus beaux jardins zens du pays ainsi qu’un grand nombre de magnifiques érables rougeoyants. Le Fushimi-Inari-Taisha est le sanctuaire aux 10 000 torii (portique en bois japonais) plantés le long d’un chemin de randonnée de plusieurs kilomètres à travers les arbres. Une ballade de près de deux heures vous attend dans ce « tunnel » de portiques oranges aux tailles variées. Très impressionnant, ce lieu de culte est voué à la déesse du riz, des céréales et plus largement de la richesse, Inari, qui prend la forme d’un renard. D’ailleurs, les statues à son effigie la représente avec la clé des céréales dans la bouche. Ce sanctuaire est impressionnant et quand je pense à l’effort des hommes qui ont installé ces 10 000 torii, je me dis que ça force le respect !

Quelques temples importants que je n’ai pas pu visiter : Chion-in, Shoren-in, Ginkaku-ji, Kyomizu-Dera et Tofuku-ji. Il y en a tellement…

Arashiyama et sa bambouseraie géante

Au nord-ouest de Kyoto se trouve le quartier d’Arashiyama abritant des… temples (vous l’aviez deviné) mais surtout une bambouseraie géante et la villa de feu Okochi Denjiro, le John Wayne japonais connu pour ses rôles de samouraïs des premiers films muets des années 1930. La bambouseraie… je m’en faisais une idée incroyable, pensant slalomer au milieu des bambous géants tel un ninja. Déception. Il s’agit effectivement de bambous géants impressionnants mais avec un chemin balisé bondé de monde. Dans ce contexte, difficile d’être charmé surtout après la visite des jardins de la villa Okochi Sanso.

J’ai fait l’impasse sur les temples Tenryu-ji et Gio-ji pour me consacrer à la visite de cette villa enfin… pour visiter les jardins de la villa pour être précis. Oui, la villa en elle-même est un « simple » pavillon plutôt modeste tandis que les jardins de plus de 20 000m² propose un vrai moment de plénitude. Réalisé sur trois décennies, ces jardins confèrent quelque chose de spirituel à l’ensemble et l’agencement est tel que l’impression d’être seul vous envahit. Malgré la saison printanière, la végétation offre un panel de couleurs vives et variées. C’est magnifique. Cerise sur le gâteau, une vue sur tout Kyoto vous attend en haut des jardins. Pour finir, votre ticket d’entrée vous octroie un thé vert matcha accompagné d’une petite gourmandise, le tout dégustable dans la traditionnelle maison de thé.

La ville de l’acteur Okochi Denjiro.

Kinkaku-ji : Le temple bling-bling

Parmi tous les temples kyotoïtes, je ne voulais pas rater l’occasion de voir le Kinkaku-ji. Un temple qui claque, exprimant toute son ampleur par sa carrosserie en feuille d’or massif. Posé au milieu d’un étang, entouré par un superbe jardin, le maître incontesté de l’ostentatoire. La visite se résume à le photographier et faire un petit tour de son jardin (ça ne se voit pas mais c’est blindé de monde). Ce n’est certainement pas ma meilleure expérience japonaise mais c’est une des plus belles bâtisses que j’ai pu observer durant mon voyage.

Le Kinkaku-ji posé sur son étang.

Le Palais Impérial de Kyoto et son parc gigantesque

C’est beau, c’est grand, démesurément grand même. On se sent tout petit face à tant de grandeur. Même si l’intérieur des bâtiments ne peuvent être visités, faire le tour du propriétaire reste intéressant. Notamment, grâce au petit dépliant explicatif disponible en français. Chaque « maison » avait un rôle bien particulier avec une architecture différente ainsi qu’un standing différent. Rien n’est laissé au hasard et tout est fait pour mettre l’Empereur sur un pied d’estal (normal c’est l’Empereur). Ci-dessous, le Shishinden, batiment le plus important dans l’enceinte du Palais. Celui-ci était utilisé pour les grandes cérémonies comme l’intronisation des Empereurs Taisho et Showa.

Le Shishinden du Palais Impérial avec un cerisier (droite) et un mandarinier (gauche).

Mon périple kyotoïte s’achève ici. J’ai tenté de faire le plus court possible mais ce n’est pas évident. Kyoto est une ville très particulière qui mérite clairement le détour et de s’y attarder. Il y a beaucoup à voir, trop peut-être, et son atmosphère paisible contraste énormément avec Tokyo ou sa voisine Osaka. Remonter les quais à la tombée de la nuit vous offrira un superbe spectacle où les lueurs des lanternes suspendues aux terrasses des bars et restaurants se reflètent dans le cours de la rivière Kamo. J’arrête de parler, je vous laisse avec une petite flopée de photos. En espérant que vous avez apprécié la lecture de mon récit,je vous retrouve très bientôt pour la fin de mon voyage et autres passions vidéoludiques.

N.B: la qualité de certaines photos n’est pas terrible. Cela est dû à l’âge avancé de mon téléphone ainsi que la lumière blanche dont le Japon fait preuve.

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