[Test] Reservoir Dogs Bloody Days

Il est peu dire que Reservoir Dogs jouit d’un écho particulier auprès des trentenaires. Erigé au rang de film culte, l’oeuvre de Quentin Tarantino n’a évidemment pas échappé à son itération vidéoludique avec notamment une première adaptation en 2006 qui aura peiné à convaincre la critique spécialisée comme les joueurs. C’est donc avec une certaine curiosité qu’on accueille aujourd’hui l’arrivée de Reservoir Dogs : Bloody Days, développé cette fois-ci par Big Games.


Qu’on se le dise, adapter Reservoir Dogs au format jeu vidéo n’est pas une mince affaire, déjà parce que le long métrage mise avant tout sur la narration mais aussi parce qu’il est difficile de s’approprier une œuvre aussi marquée par son réalisateur.

« Un névrosé peut pas être un professionnel »                                                                                                                         – Mr White –

Ainsi donc, les développeurs ont choisi de calquer le concept d’Hotline Miami en optant pour un jeu d’action en vue du dessus. Reservoir Dogs : Bloody Days fait donc la part belle aux cartouches et fera régulièrement appel à vos réflexes. Comme pour le titre de Devolver, il s’agit pour la plupart du temps de parcourir différents niveaux, salles après salles, toutes parsemées d’ennemis qui vous rendront la tâche compliquée, le but étant de braquer des banques, hôtels et autres restaurants tout en sortant de là indemne, ou presque. Histoire de mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez bien évidemment vous équiper d’une arme de poing, d’un fusil d’assaut, fusil à pompe ou encore une batte, autant d’outils que vous dénicherez sur le cadavre ensanglanté de vos victimes. Là où Reservoir Dogs : Bloody Days se démarque de la concurrence, c’est par la possibilité de « rembobiner » votre action afin de coordonner vos mouvements. Je m’explique, pour vos braquages, vous pouvez constituer une équipe de 2 ou 3 personnes. Chaque braqueur (Mr. White, Blonde, Brown…) possède des statistiques en vie, rapidité et puissance qui lui sont propres. Il s’agit donc de constituer une équipe complémentaire afin de passer du mieux possible chaque pièce. La particularité, c’est que vous contrôlez vous même chacun des braqueurs, grâce au fameux système de rembobinage. Ainsi, une fois que vous avez joué avec votre braqueur principal, vous pouvez rembobiner l’action et la rejouer (le nombre de secondes dépend du temps que vous avez mis avec le principal), mais en contrôlant cette fois-ci un autre membre de l’équipe, tout en prenant donc en compte les mouvements que vous avez impulsés avec le personnage principal… vous suivez ?

« Mais je vais te torturer rien qu’un peu, pour la rigolade, pas pour te faire parler »                                                                                                       – Mr Blonde –

Sur le papier, l’idée est plutôt intéressante et offre une perspective tactique non négligeable. Dans les faits, le constat est beaucoup plus amère puisqu’on se retrouve souvent emprisonné dans des situations bordéliques qui font davantage appel à vos réflexes plus qu’à vos méninges. Déjà parce qu’il est impossible d’avoir une vue d’ensemble du niveau, et donc repérer les ennemis de loin, mais aussi parce que le fait de bouger avec un autre personnage, décale potentiellement le mouvement de vos adversaires (qui se dirigeront plutôt vers un personnage qu’un autre) et donc tout ce que vous avez fait avec le braqueur principal. En résumé, il arrive très souvent qu’on subisse des tirs provenant d’un ennemi hors cadre, sans qu’on puisse y faire grand chose, reléguant la plupart des situations à du die & retry bête et méchant. Néanmoins, et dans un souci d’objectif, il arrive également que Reservoir Dogs : Bloody Days parvienne à nous arracher un sourire de satisfaction quand on parvient à coordonner parfaitement tous ces mouvements pour venir à bout de nos ennemis avec panache. Sur le plan visuel, Reservoir Dogs : Bloody Days s’éloigne du réalisme à outrance et adopte cette fois-ci un style cartoon et coloré qui contraste donc avec la violence des situations. Pas de réelles folies néanmoins et quelques (grosses) libertés concernant le character design qui ne respecte pas vraiment les acteurs du film, autant de choses qui font que l’ambiance globale du soft ne marquera  pas les esprits comme a pu le faire un certain Hotline Miami, d’autant plus qu’on ne profite pas de la bande originale démentielle du film, contrairement à l’adaptation de 2006.

« On se fout des preuves quand on a l’instinct »                                                                                                                           – Joe Cabot –

Il faut dire que le jeu ne tire pas grand chose du film si ce n’est le nom et le blaze des différents braqueurs. Soyons clair, pour les fans de Reservoir Dogs, le soft n’apporte rien de plus au long métrage de Quentin Tarantino, puisqu’il se contente pour ainsi dire de citer ici et là quelques répliques cultes du film et d’y faire référence au détour de certains dialogues soporifiques. Un regret qui ne s’arrange pas avec la progression monotone du jeu, sautant de braquage en braquage, disponibles via une interface léchée où vous pouvez choisir vous même votre braquage en débloquant le niveau grâce à l’argent récolté. Comptez alors une dizaine d’heures pour dépouiller toutes vos cibles, probablement plus si vous avez le courage de vous attaquer à l’aspect scoring du jeu. Vous l’aurez compris, la magie n’opère pas sur Reservoir Dogs : Bloody Days, et si l’optique de replonger dans l’univers de ce film culte a de quoi séduire, on reste sur notre faim une fois la manette en main. La faute à un concept de « rembobinage » intéressante mais maladroite qui plombe nos hardeurs en se heurtant bien souvent à du die & retry épuisant. Reste malgré tout un shooter distrayant, sans grandes prétentions et surtout abordable (14,99€ à sa sortie sur Steam et à venir sur Xbox One) qui pourra probablement vous occuper quelques soirées pour peu que vous soyez familier et intéressé par le genre.

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