Voyage en Mongolie : A la rencontre des Tsaatans

Il est grand temps de vous narrer mon aventure dans la Taïga mongole où j’ai rencontré les Tsaatans (appelés aussi Doukha), un peuple nomade éleveurs de rennes vivant dans des tipis. Et autant vous dire qu’aller à leur rencontre n’est pas une mince affaire.


Pour vous situer un peu, les Tsaatans vivent à l’extrême nord de la Mongolie non loin de la frontière russe. S’ils sont reclus dans cette région éloignée de toute civilisation, c’est pour l’herbe humide particulière qui y pousse dont se nourrissent les rennes. Et comme ils vivent au rythme de leur troupeau, ils doivent lever le camp toutes les deux semaines environ. Quant au choix des tipis, c’est tout simplement que les rennes ne sont pas assez robustes pour transporter une yourte. Leurs équipements va de paire avec leur mode de vie, ils possèdent très peu de choses et à part un poêle et quelques ustensiles de cuisines ainsi que des peaux de rennes pour dormir, vous ne trouverez pas grand chose dans leur tipi. Ci-contre la carte de la Mongolie : la zone rouge correspond à la région des Tsaatans.
Bon maintenant que vous situez le tout, un bref résumé sur l’itinéraire que j’ai parcouru :

  • Ulaanbaatar-Morön : 15h de bus éprouvantes (surtout le retour)
  • Morön-Ulaan-Uul : 6h de piste dans un van russe aussi inconfortable qu’efficace
  • Ulaan Uul-Tsagaannuur : 4h de piste toujours dans ce le même van
  • Tsagaannuur-Tsataans : 4h de cheval sur une selle à l’armature en fer et corde de crin

En gros, ce trek était très éprouvant comparé au premier. Les heures de pistes dans le van étaient vraiment dures car j’étais seul à l’arrière sans ceinture autant dire que je valdinguais littéralement. Les nuits fut aussi belles et incroyables que courtes et froides avec notamment du camping sauvage que je n’oublierai jamais. Enfin, les heures passées sur ma monture m’ont coûté quelques douleurs articulaires et des irritations sur mon petit derrière inhabitué. Le tout avec un nez qui coule sans cesse et des petites fièvres. Mais tout cela n’est rien au vu de l’expérience exceptionnelle que j’ai vécue.

En vrac, voici quelques péripéties vécues durant ce trek : je suis tombé de mon cheval qui a glissé sur de la mousse fraîche, j’ai observé un double arc-en-ciel suite à une pluie de grêle soudaine, j’ai dû respecter un rite chamanique à l’entrée d’une réserve naturelle ultra-protégée, j’ai campé sur une plaine au bord d’une rivière avec d’un côté le soleil couchant et de l’autre la lune se levant, j’ai vu une marmotte passer au grill (mais j’ai pas eu le temps d’en goûter), j’ai croisé un troupeau de chameaux, et j’oublie certainement d’autres aventures.

Mon séjour auprès des Tsaatans fut bref. Arrivé à 18h pour le coucher de soleil, départ le lendemain en fin de matinée. Malgré un rhume qui m’a bien affaibli, j’ai profité de cette expérience unique pour côtoyer les rennes, manger de la viande de renne séchée, dormir dans un tipi sur une peau de renne ou encore rencontrer une véritable chamane. Mon seul grand regret reste le fait que je n’ai pas eu l’occasion de monter sur un renne. Un petit mot d’ailleurs sur cet animal docile et très affectueux : il est très doux ! Une vrai peluche vivante, même ses bois sont tout doux.

Le lendemain matin avant le départ, il existe une tradition réservée aux départs des touristes. Les femmes et enfants du campement affluent pour créer un mini marché de produits artisanaux : couteaux, pendentifs, bracelets, trousses, sculpture, etc. Le but est de les vendre pour récolter un peu d’argent afin d’acheter de la nourriture ou de l’équipement indispensable pour ces nomades pratiquant l’autosuffisance. Il faut savoir que j’étais le seul touriste à partir ce jour là. Je me sentais un peu mal à l’aise face à toutes ses familles attendant que j’achète un de leurs produits. Heureusement, d’autres touristes, intrigués par l’événement, m’ont rejoint et m’ont ainsi permis de soulager ma conscience.

Je finirai sur le fait que j’ai eu la chance de passer la dernière nuit à Khatgal chez mon interprète. Un village de pêcheurs à l’entrée sud du lac Khövsgöl. Ce lac est considéré comme l’un des plus pur du monde et constitue 2% de la réserve d’eau douce mondiale avec une profondeur maximale de 262m (mais ce n’est pas le plus grand de Mongolie). Je regrette de n’avoir pu naviguer et/ou pêcher sur ce magnifique lac. Voilà, je vous laisse avec quelques photos de mon épopée publiée dans l’ordre chronologique.


Mon voyage en Mongolie a été dépaysant, éprouvant et enrichissant. Je me rends compte du privilège que j’ai d’avoir vécu tout cela. Je tiens à remercier Chuka, la dirigeante francophone de la guest house et organisatrice des treks d’Ecovoyage. Elle a été aux petits soins avec moi et si l’organisation mongole peut dérouter, je n’ai connu aucun souci, je recommande vivement cette adresse. N’hésitez pas si vous avez des questions, j’y répondrai volontiers.

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6 commentaires sur “Voyage en Mongolie : A la rencontre des Tsaatans”

  1. Un très beau récit et un superbe voyage ! Tu as réussi à t’immiscer dans une culture locale particulièrement riche mais pourtant méconnue du plus grand nombre. Je te tire mon chapeau car ce voyage fut éprouvant et certainement très difficile à organiser sur le plan logistique. Mais c’est justement ça la beauté de ce genre de voyages : malgré la fatigue, l’expérience en vaut la chandelle et ouvre tes perspectives sur le monde et sur la vie en générale. Toi qui est aussi un gameur, après une telle aventure, tu as dû te rendre compte que n’importe quel jeu n’est que du pipi de chat par rapport à ce que te procure un voyage ! La vise l’ami 😉

    1. Merci pour ton commentaire qui me fait très plaisir. Eh oui effectivement des expériences comme celle-ci méritent d’être vécues et je suis fier de l’avoir fait! J’ai déjà hâte de repartir en voyage découvrir de nouvelles cultures et expérimenter de nouvelles choses 🙂

  2. Merci fiston pour ce beau reportage, je n’aurais pas fait mieux lol. Bien évidemment on ne peut ni tout faire ni tout voir. J’espérais la chasse au vol avec l’aigle royal, leur concours de tir à l’arc et leur fameux polo avec la tête de mouton, a moins que ce dernier soit plutôt afghan. Les photos sont sublimes, bravo. Bien content que tu aies pu vivre quelque temps avec ces gens qui n’ont rien et qui donne tout, ça change ! A bientôt. Bises, Papa.

  3. Incroyable parcours que le tien durant ce voyage. Punaise, quelle expérience humaine ça devait être !

    J’avoue ne pas trouver les mots pour commenter une telle aventure, mais je suis content pour toi que tu aies pu vivre cela. Les photos sont magnifiques. Bravo 🙂

    1. Merci beaucoup! Je suis sûr que tu réussiras à vivre des expériences comme celle-là. Je suis vraiment fier et heureux d’avoir fait ce voyage ^^

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