Voyage en Mongolie : En plein cœur des steppes

Comme la plupart d’entre vous le savent, je suis actuellement en Mongolie. Parti seul pour un mois avec deux treks de prévu. Il est grand temps que je vous partage un peu mon expérience et ce que j’ai vécu durant ma première quinzaine.


Tout d’abord, suite à des révocations d’autorisations de la liaison entre Astana (capitale du Kazakhstan) et Oulan Bator, j’ai eu le droit et l’occasion de passer une nuit à Bishkek (capitale du Kirghizistan). J’ai donc mis 36 heures pour arriver à destination. Fraîchement sorti de l’aéroport international Chinggis Khan, une très grosse chaleur de 35 degrés m’accueille. Le reste de la journée sera sous le signe d’une grosse sieste. Sachant que je partais en trek le surlendemain de mon arrivée, j’ai eu le loisir de visiter la capitale surnommée à juste titre comme étant la plus moche du monde. Notamment la célèbre place Chinggis Khan, le monastère Gandan Khiid et le musée national de Mongolie (retraçant toute son histoire au fil des siècles).

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Quant à mon trek, il a duré en tout et pour tout 9 jours avec deux jours de voyage. L’aller en bus et le retour en voiture pour un trajet d’environ 7h dont une grosse heure sur des chemins terreux digne d’une épreuve de rallye WRC. Sans vraiment rentrer dans trop de détails, je vais me contenter de vous narrer ce que j’ai pu expérimenter durant ces 7 jours de trek à pied. En théorie, je devais marcher entre 15 et 20 km par jour mais la réalité était beaucoup plus gentille.

Vous devez savoir que mon trek a été divisé en deux parties. La première a duré 5 jours où j’ai rejoint une française avec son interprète et la guide. La deuxième où j’ai achevé mon trek avec 3 italiennes et uniquement la guide. C’est donc durant les 5 premiers jours que j’ai appris tout un tas de choses sur les traditions mongoles et autres règles à respecter.

Passons au vif du sujet! Le gros du sujet bien entendu reste l’alimentation. Il faut savoir que les nomades ne cessent de manger. On nous accueille avec du thé nature ou au lait salé avec du pain, des espèces de crêpes sucrées et de l’Orum (l’espèce de peau au-dessus du lait fortement bouilli laissée séchée, ça forme une pâte crémeuse jaunâtre). Puis on déjeune et on dîne forcément. Un plat typiquement mongole se sert dans un bol et se compose de viande de mouton (sinon de chèvre et rarement de bœuf), du riz ou des nouilles, quelques morceaux de patates et en bonus de l’oignon et/ou des bouts de carottes. Le tout fraîchement servi dans un bouillon. En plus de tout cela, ils font du fromage séché qu’ils mangent à longueur de journée comme un petit snack et ils font aussi du yaourt frais (ressemblant à notre fromage blanc mais au gout plus prononcé).

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Quant aux boissons alcoolisées, ils en préparent eux-même deux types. Le premier est un alcool de yaourt obtenu par une sorte de distillation où ils récupèrent les vapeurs du yaourt bouilli. Et le deuxième, est le lait de jument fermenté appelé aïrag. Ce ne sont pas des alcools qui titrent fortement, oscillant peut-être entre 5 et 15 degrés. Quant à leurs saveurs, si le premier est buvable, le second m’a laissé un arrière-goût de vomi… En outre, leur façon de boire collectivement diffère beaucoup de la notre. En effet, le détenteur de l’alcool dispose d’un verre qu’il remplit. Il le donne au premier hôte qui devra boire tout ou une partie du verre avant de le rendre au préposé à la boisson. Ce dernier le remplira à nouveau avant de le donner au buveur suivant et ainsi de suite jusqu’à épuisement de la bouteille. Cette manière est quelque peu dérangeante aux premiers abords car tout le monde attend son tour en vous regardant vous délecter de votre boisson. C’est plutôt embarrassant.

En Mongolie, le mode de vie dans les steppes est très proche de ce qu’on peut trouver à la campagne française sauf qu’il n’y a ni électricité ni eau courante. Le peu d’électricité provient de grosses batteries de voiture permettant d’alimenter la télé, le décodeur et une petite ampoule suspendue. Donc la douche c’est dans la rivière quand elle se trouve à proximité de la yourte, et les toilettes se résument à un trou plus ou moins profond avec deux planches dessus et entouré par 3 « parois » en bois ou en plastique. Pour la petite toilette, la plupart du temps elle se fait avec l’eau d’un puit. Les mongoles la font bouillir pour la boire, je ne me suis pas aventuré jusque là me contentant de bouteilles d’eau de source.

Les mongoles sont très fiers de leur bétail. Suivant les familles, ils en possèdent beaucoup ou vraiment beaucoup. Des moutons, des chèvres, des vaches, des chevaux et parfois des yaks. Ce qui m’a permis de jouer les fermiers et autres bergers : rameuter le bétail à moto ou à cheval, traire une vache ou une jument, abreuver les chevaux, tenter de séparer deux troupeaux mélangés, ou encore faire rentrer les moutons dans leur enclos (uniquement les bébés, les parents resteront à proximité).

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Un petit mot sur la vie sous la yourte appelée en Mongolie ger (=guère). Vous trouverez tout un tas de règles traditionnelles régissant la vie sous une yourte. Mais comme toutes traditions, elles tendent à se perdre. Néanmoins certaines sont encore immuables. En voici quelques unes :

  • Dormir les pieds orientés « vers » la porte
  • Ne pas donner un objet quelconque à travers les deux poteaux porteurs
  • Recevoir quelque chose avec la main droite ou les deux mains à plat, jamais de la main gauche
  • Rien jeter dans le feuRien suspendre dans l’axe central de la yourte
  • Interdiction formelle de marcher sur le seuil de la yourtePas besoin de taper avant d’entrer

Je ne peux malheureusement pas tout vous raconter ici car cela deviendrait barbant pour vous. Je finirai sur ça : la nuit dans les yourtes, il y a des insectes (sorte de scarabées) qui grimpent sur le « plafond » et puis tombent… Du coup, des bruits du style « plok », « plok », résonnent durant la nuit. Alors vous vous cantonnez dans votre sac de couchage en espérant qu’ils ne vous tombent pas dessus.


Avant de vous laisser admirer les photos de la Mongolie, je voudrai remercier toutes ces familles nomades qui m’ont permis de vivre tout cela. Leur hospitalité légendaire défie l’entendement. Ces gens qui possèdent si peu mais vivent avec le sourire et partagent tout leur quotidien avec vous. Alors un grand merci à eux.

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6 commentaires sur “Voyage en Mongolie : En plein cœur des steppes”

  1. Quelle grande expérience tu vis dans ce vaste oays. Les yeux ne sont pas assez grands pour tout enregistrer heureusement que le coeur n’a pas de limite. Merci de nous faire partager ce voyage si enrichissant, mais ce qui flotte dans la casserole ne me tente pas vraiment. Que ce 2eme trek t’apporte autant de bonnes surprises que de joie. À te voir très bientôt.

  2. Wow, je viens enfin de lire ton récit et je suis subjugué par ce que tu as dû vivre. Quelle expérience !

    Merci d’ailleurs d’avoir pris le temps d’autant détailler le côté traditionnel qui a l’air d’être très présent. J’envie ce que tu as essayé (rentrer le bétail à cheval, la nourriture, les rituels, etc). Pwah, énorme 🙂

    PS : Pas trop dur le retour en France après ça ? 😀

    1. Merci pour ta lecture et ton commentaire ! J avoue avoir vécu des expériences incroyables que je ne suis pas prêt d oublier !
      La Mongolie vit à 2 vitesses entre les traditions nomades et l envie de modernisme. C’est tout un paradoxe visible jusque dans les steppes !
      Ma 2e quinzaine a été très éprouvante et mérite un article aussi 🙂

    1. Ahah oui t as bien résumé mon voyage XD
      Je ne peux que conseiller cette destination pour les amoureux des grands espaces! Un pays aussi immense que vide c’est juste incroyable.

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